MA COUSINE ROSE CARON (CANTATRICE)
 
 

   Peinture d'Auguste Toulmouche (1829-1890)

Exposée au Musée Carnavalet à Paris, cette peinture porte la légende suivante : " Rose CARON (1857 - 1930) Cantatrice française, elle débute comme soprano à la Monnaie de Bruxelles. Elle s'illustre ensuite à l'Opéra de Paris dans le répertoire Wagnérien. INV. P. 1767".

SOMMAIRE DU CHAPITRE

SA VIE / SON OEUVRE

TABLEAUX DE COUSINAGES

Cousinage par le couple Martin BAUDET / Denise MIGON

Cousinage par Nicolas HARDY

Cousinage par le couple Guillaume HUNGER / Louise GUDIN

Cousinage par le couple Nicolas DRAMARD / Perrine PETIT

Cousinage par Michel VAURY

SES ANCETRES

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SA VIE SON OEUVRE :

Une célébrité de Monnerville :la cantatrice Rose CARON
 

Rose lucile MEUNIER est née le 17 novembre 1857 à Monnerville. Elle était issue d'une famille modeste, ses parents Alfred Désiré MEUNIER et Louise Augustine GIBIER exerçaient le métier de maraîchers.
 

Mariée jeune au pianiste Bénoni CARON, petit homme affligé d'une malformation dorsale, elle entra grâce à lui au Conservatoire de Paris en 1875. Elle étudia la musique avec Jules MASSENET et sortit en 1878 avec un deuxième prix de chant et un premier accessit d'opéra. Elle se perfectionna ensuite avec Marie SASS, grande tragédienne lyrique.
 

Son succès fut immédiat. Après des débuts aux concerts Pasdeloup en 1879, elle fut engagée à Bruxelles au théâtre de la Monnaie en 1882. Elle chanta d'abord le répertoire de "Marguerite" dans le Faust de Gounod, et "Valentine" des Huguenots de Meyerbeer.
 

En 1885 elle créa le rôle de "Brunnhilde" dans Sigurd de Reyer. Ce fut pour cette éminente artiste l’occasion d’un véritable triomphe. En effet, lorsque le directeur de l’Académie nationale de musique voulut monter cet ouvrage à Paris, Reyer, qui en est l’auteur, posa comme condition que Mme CARON soit engagée à l’Opéra pour l’y interpréter.
 

(Journal L'Illustration n° 2134 du 19/01/1884 : Sigurd à Bruxelles. L'œuvre de M. Reyer a trouvé à Bruxelles une interprétation digne d'elle : les rôles de Sigurd et de la Walkyrie, attribués à M. Jourdain et à Mme Caron, sont remarquablement tenus. Mme Caron a une voix chaude et bien timbrée, une prononciation d'une extrême pureté et elle donne à son rôle un cachet dramatique auquel sa jeunesse et sa beauté ajoutent un charme irrésistible. Sa place est marquée à l'Opéra de Paris).
 

Engagée à l'Opéra de Paris en 1885, elle joua dans de nombreuses créations, notamment Salammbô. Au mois de novembre 1887, la direction de l'Opéra de Paris ayant commis la faute de ne pas s'assurer le concours de Rose Caron, celle-ci contracta un engagement avec le théâtre de la Monnaie à Bruxelles ; son départ empêcha VERDI de faire représenter son Ottelo à Paris, car le maître déclara en effet que seule madame CARON pouvait, en France, chanter le rôle de Desdemona.
 

Séparée depuis longtemps de son mari, elle divorça en 1886 mais conserva son nom au théâtre. Brune, jolie, élancée, elle exerçait sur ses admirateurs un véritable charme poétique.
 

Elle fit un court séjour à l'Opéra-comique où elle interpréta Iphigénie en Tauride et Orphée de Gluck puis, elle abandonna la scène en 1902 pour enseigner le chant au Conservatoire National Supérieur de Paris.
Son succès lui permit de côtoyer les grands de ce monde. Elle fut la compagne, l'amie dévouée et fidèle de Georges CLEMENCEAU, peut-être même sa conseillère.
 

(Georges GATINEAU-CLEMENCEAU - Des pattes du Tigre aux griffes du destin - Paris - 1961. "Rose CARON, la fameuse cantatrice de l'Opéra, Léonide LEBLANC, ancienne amie très chère du duc d'Aumale, [...] Suzanne DEVOYOD, sociétaire de la Comédie-Française. [...] Mon grand-père avait pour principe que l'homme est fait pour vivre dehors et la femme à la maison. Il ne se gênait donc nullement pour s'exhiber au foyer de l'Opéra ou dans les théâtres des boulevards avec sa dernière conquête.")


 

Elle a également été la maîtresse de Théophile DELCASSé, homme politique français (né en 1852 à Pamiers, décédé en 1923 à Nice), ministre des Affaires étrangères (1898-1905) qui fit sortir la France de son isolement, en particulier par les accords avec l'Italie, le renforcement de l'alliance franco-russe en 1900 et surtout l'entente cordiale avec la Grande Bretagne en 1904.
 

A Paris, elle résidait au 4 square du Roule, mais ses attaches à Monnerville (91), où elle avait acheté une propriété, étaient incontestables. Elle y venait fréquemment et participait à la vie du village.

Rose a eu une fille Hélène née le 20/05/1878 à Paris et un fils mort en bas âge. Sa fille Hélène a eu une fille Rose Marie née le 04/04/1911 à Paris. Rose avait beaucoup d’admiration pour sa petite fille Rose Marie. Cette dernière décéda malheureusement d’une crise d’appendicite aigüe en 1929 à l’âge de 18 ans et fut inhumée dans le cimetière de Monnerville

 

Propriété de Rose CARON à Monnerville

(Cette maison bourgeoise sise à Monnerville, 8 grande rue, était jadis utilisée comme auberge et connue sous le nom d'auberge du Cygne.

Ayant aussi perdu la même année Georges CLEMENCEAU, la grande cantatrice ne put se relever de ces deuils, et mourut à Paris le 9 avril 1930 dans sa 73ème année. Sur son acte de décès figurent les mentions "Membre du Conseil Supérieur du Conservatoire de Paris et Chevalier de la Légion d'Honneur".
 

Elle repose aujourd'hui au cimetière de Monnerville en compagnie de neuf membres de sa famille.


 

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Version 1.0 / Dernière mise à jour le 17/08/98